Chapitre 1 : Le boulot


Intro :

Face à la multiplication des collègues d’école qui s’expatrient dans des pays divers je vous raconte un peu ici comment ça se passe pour moi. J’espère que eux aussi feront la même chose ce qui permettra de pouvoir comparer un peu, ce qui me semble intéressant.


Intro 2 :

Faudrait pt’être déjà expliquer pourquoi je suis venue à Prague d’abord. Moi mon ambition c’est d’œuvrer pour le développement des zones rurales par toutes sortes d’activités para-agricoles (transformations à la ferme, vente directe, etc.…) avec une grosse préférence pour l’agrotourisme ou tourisme rural ou tourisme vert ou éco-tourisme ou … ok j’arrête.

Et ici (en République tchèque) m’es avis qu’il y a du potentiel parce que la campagne est belle et les traditions encore nombreuses. La bouffe est nulle diront tous les Français arrogants (pardon pour le pléonasme) mais moi j’adore la bouffe paysanne qui te cale l’estomac dès la première bouchée. C’est souvent à base de lard, chou, patates et la race de crème fraîche ! Donc voilà, moi je me vois bien d’ici un an ou deux en consultant international européen pour le développement rural et l’agrotourisme. Mais je suis aussi ouvert en agronomie pure comme pour les TCS en Ukraine par exemples ou d’autre techniques agricoles.

Mais y a un pt’i hic dans l’histoire : c’est que pour faire ce genre de truc ça aide pas mal de parler la langue du pays… Et comment dire, le tchèque … c’est pas inné ! (cf. note sur la langue tchèque)

 

Alors on fait autre chose en attendant… et je change de boulot tous les mois :

 

Job 1 : Le centre d’appel :

A mon retour de nouvel an (où j’ai encore été le seul à aller me baigner tout nu dans la mer bretonne devant le dernier coucher de soleil de 2007. Merci Manu pour la maison !) j’ai attaqué direct (après ma douce nuit dans le bus Paris-Prague) sur un centre d’appel. Vous savez les « hotlines » qui parlent pas très bien français et qui ne savent pas comment s’épellent les plus grande ville françaises. C’est ça.

Alors après une formation sécurité ; où j’ai appris qu’en cas d’incendie il ne fallait surtout pas utiliser les extincteurs à eau car il y a des ordinateurs et téléphones partout et qu’il fallait s’en servir uniquement pour fracasser la serrure de la porte de secours fermée à clé en permanence ; on a put commencer le boulot. Notre but (l’équipe était composée d’un kenyan pour appeler les Pays-bas en néerlandais, un gallois pour l’Angleterre, une hong-kongaise et un germano-tchèque pour l’Allemagne et enfin un Roumain et moi pour la France) c’était de truander un nombre incalculable de secrétaires pour arriver à joindre des directeurs financiers ou travel manager pour leurs proposer un service qui permet de mettre toutes les agences de tourisme au chômage. (Dans le business on appelle ça T&E : Travel and Expense management). Le truc bien c’est que le numéro 3 de la boîte américaine pour laquelle on bossait (Concur) est venu 2 jours à Prague pour nous former et nous offrir un resto de ouf’ avec boisson à volonté pendant la moitié de la nuit. Ca m’a fait beaucoup de bien quand je ne mange jamais de viande.

 

Job 2 : La boisson :

Après trois semaines, je suis partit en Ukraine et le jour de mon retour j’ai envoyé ma lettre de démission (Comment ça ? cf. note 1) et commencé mon nouveau boulot (après 24h de bus avec deux gros ukrainiens et leur vodka, cf. Chapitre Ukraine et invesstissements).

Et vous savez quoi ?… Je travail pour une multinationale de la bière ! Et ouais ! Ils ont entre autre les marques suivantes : Stella Artois, Leffe, Hoegardeen, Becks, Staropramen (gros hit à Prague) etc. Toutes des marques avec un marketing assez béton. Mais moi mon boulot est bien moins funky : je dois appeler tous les pauvres patrons de bar de tout le Luxembourg (ils parlent français là bas normalement mais les 80% des gérants de bars sont portugais, c’est hallucinant !) et les engueuler parce qu’ils ont pas payés leurs factures de bières ou des loyers aux montants hallucinants. Alors vu que mon éthique personnelle est plutôt à protéger les partons de petits bars sympas (aller savoir pourquoi !) et que ma conscience professionnelle est grande, je préfère passer ma journée sur Internet et appeler la famille au téléphone (pas assez souvent, oui, je sais).

 

Ou alors je m’éclipse une demi-heure pour négocier les termes de mon prochain emploi en conférence téléphonique avec Londres et Prague.




Remarque sur les délocalisations :

Comme vous avez sûrement remarqué, tous ces trucs sont le fruit de délocalisations pour un coût inférieur du travail (cf. note 2 et chap. statistiques amusantes).

C’est bien parce que ça donne du boulot facilement aux expats comme moi qui débarque et qui parle pas la langue du pays et peuvent valoriser et utiliser leur langue maternelle au boulot. Ca donne éventuellement aussi du boulot aux locaux qui maîtrisent bien les langues étrangères avec un salaire correct. Mais en fait le turn-over est super élevé vu que les boulots sont chiants et pas si bien payés que ça. Résultat le suivit est nul et quand on ajoute à ça l’éloignement d’avec les clients ou autre organes de l’entreprise en ben les résultat en terme de qualité de service sont pas jolis, jolis. Je suis pas si sûr que les entreprises y gagnent au long terme malgré les millions ou milliards économisés sur les salaires dès les premières années.


 

Job 3 ou 1 bis : Marketing Development Representative

Oui parce qu’en fait j’ai tellement aimé l’atmosphère de cette boîte américaine (non, non, non, c’est pas une blague) que j’ai envie d’y retourner. Et puis surtout ça gagne mieux ! (Cf. Note 2 pour parler sous). Je pense commencer début mars.

 

Job 4 :

Celui là je l’ai pas encore commencer vraiment mais j’y travail sérieusement. Ca serra mon propre business dans l’agrotourisme entre Prague et la Campagne… Mais je vous en dirai plus la prochaine fois ;)

 

Note : La langue tchèque :

Pour commencer et faire simple, il existe deux masculins, un féminin et un neutre (4). Ensuite tout les mots de la phrases se déclinent sur 7 cas différents ! Quand je dit tous les mots de la phrases (6), ça comprend jusqu’au nom de famille et prénom qui se déclinent aussi. Vient ensuite les différents modèles (4) puis idem au pluriel (2).

4x7x6x4x2=impossible d’apprendre !

Et là j’ai pas parler des conjugaisons slaves qui se dédoublent selon le type d’action ni des lettres imprononçables et des phrases sans voyelles !

 


 

Note 1. Les contrats tchèques :

En RP (=République Tchèque quand on est branché … ou flemmard) la semaine est de 40 heures comme partout dans le monde sauf en France.

Il y a aussi toujours une période d’essai de 3 mois après laquelle un préavis de deux mois (à compter de la fin du mois courant) est nécessaire pour partir. Mais pendant ces trois premiers mois d’essai l’employeur comme l’employé peut casser le contrat du jour au lendemain sans justifications. Alors moi j’utilise le système à fond vu les 2% de chômage ici ! (5,6% de chômage au niveau national mais seulement 2% à Prague ! C’est royal !)

(nda : il n’y a aucun jeux de mot politique dans la phrase ci dessus)

Permis de travail :

En temps que membre de l’UE je n’ai absolument besoin d’aucun papiers pour travailler ici. Je n’ai fait aucune déclaration nulle part, ni fait la moindre demande. Mon passeport à juste suffit pour me faire embaucher.

La réciproque n’est pas vraie car j’ai essayé de faire travailler une tchèque en France l’année dernière et les démarches étaient si longues, compliqués et avec de si faibles probabilité de réussite, que j’ai abandonné et lui ai trouvé un job au black.

Rmq : les politiques d’immigration que l’on vote c’est pas que pour les autres. Ca peut nous toucher personnellement un jour ou l’autre… Réfléchissez à deux fois avant de voter :)

 

 

Note 2. Les salaires et avantages en RT :

Salaire minimum :

8.000 CZK  ou 48,10 CZK/heures, soit 300 € ou 1,85 €/h.

(avec possibilité de donner moins si premier emploi, travailleur mineur etc.)

 

Salaire moyen :

21.000 CZK par mois, soit 800 € (+20% en 2 ans, mais forte disparité capitale/province).

 

"Alors qu'en 1993, un salaire moyen permettait d'acheter 590 pains et 843 bières, aujourd'hui ce salaire se monte à 1184 pains et 1236 bières", a déclaré Aleš Michl, analyste à la Raiffeisenbank. (nda : Si on la prend comme une telle référence, c’est dire comme la bière est importante ici !)

Cf. chap. statistiques amusantes pour + de détails.

 

Taux d’imposition :

0 à 9 100 CZK è 15% du salaire imposable

9 110 à 18 200 CZK è 1 365 CZK + 20% du salaire imposable excédant 9 100 CZK.

18 200 à 27 600 CZK è 3 185 CZK + 25% du salaire imposable excédant 18 200 CZK.

27 600 CZK ou plus è 5 535 CZK + 32% du salaire imposable excédant 27 600 CZK

 

Vacances :

Généralement il y a 4 semaines de vacances par mois mais beaucoup d’entreprises en offrent 5 pour attirer les employés (2% de chômage je rappelle pour ceux qu’ont oubliés).

 

Sécu : La sécurité sociale est assurée par l’entreprise. J’ai pas encore tout compris mais en gros je paye rien et c’est eux qui s’en charge. On verra bien le jour où j’aurais besoin qu’on me recouse un bout de crâne si ça marche bien ou pas. (non, non, les parents, c’est pas vrai, je vais lire toute la doc et je saurais très bien comment ça marche au cas où j’ai un pépin)

 

 

Pour mes propres salaires :

Centre d’appel : 21.000 CZK/mois soit 800 € / mois (mais vu que j’était à mi temps (choisit ; pour pouvoir passer d’autre entretiens d’embauche pendant mes après midi) et que j’ai fait que 3 semaines, j’ai eu beaucoup moins d’argent:(

 

Multinationale de la Bière : 28.000 CZK/mois + ticket repas + …. Tickets bières ! Dément ! Soit 1.080 € / mois + quelques caisses de bière :) ou des fringues Staropramen pour les plus sages (En fait je vais essayer de rester un mois minimum histoire d’y avoir droit au moins une fois ! C’est rigolo quand même, non ?!)

 

Concur : Encore en discussion mais ça devrait être 30.000 + bonus + comissions selon résultats. Donc partons pour 35.000 CZK soit 1.350 € / mois !

 

Je viens de me rendre compte à l’instant qu’en fait, je suis déjà dans la dernière classe d’imposition !!!! Je suis sensé faire parti des riches que l’on taxe beaucoup plus car ils gagnent beaucoup… Je me sentait vraiment pas du tout riche comme ça et ça me fait vraiment bizarre d’être déjà  dans cette catégorie là ! Bon…

 

A propos de V.I.E./V.I.A. (Volontariat International en Entreprise/Administration, vague descendant du service militaire et de la coopération), ça c’est un truc super que j’aimerai bien avoir pour sa reconnaissance et son sérieux (C’est autrement plus classe que de travailler dans un centre d’appel) mais quasi inexistant  dans le monde agricole (sauf… cf. Chapitre Ukraine ou networking mou). Toujours est-il qu’ici en RT ils touchent 2.000 €. A comparer avec le salaire minimum cité plus haut …

 

Morale : J'augmente pas mal mon salaire en un mois de temps !


Morale 2 :
En fait j’ai pas une tune et je galère pas mal.



 

Note de fin :

Et l’agrotourisme dans tout ça ? Ben… je fais ce que je peux (ça c’est une excuse de crotte) cf. chapitre Mon networking mou. Non est fait, j’ai pris une décision cette semaine : il me faut une voiture ! Si je veux devenir consultant en développement rural faudrait déjà que je soit capable d’y aller à la campagne ! Non ? Bon ben pour ça il me faut une voiture et je pourrais ensuite enfin commencer à démarcher quelques fermes etc… (les dons en nature de marque célèbre et chères de préférences sont vivement acceptés. S’adresser au secrétariat)

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